communiqué des Hébérgeurs solidaires
octobre 2025
suite à l’article du journal Ouest France en date du 20 11 2025, article qui comporte des erreurs, Hébergeurs Solidaires demande un rectificatif en ces termes
À la suite de votre article du 20 novembre sur les mineurs non accompagnés, l’association Hébergeurs Solidaires 53, soutenue par un collectif d’associations locales et nationales,
souhaite apporter des précisions et corrections à plusieurs éléments publiés, jugés inexacts, confus ou de nature à induire en erreur vos lecteurs.
Nous relevons notamment :
• Des imprécisions sur les chiffres concernant la prise en charge des mineurs par l’Aide
Sociale à l’Enfance (ASE), dont la présentation crée une confusion entre évaluation
administrative et reconnaissance judiciaire.
• Un manque de rigueur dans la citation de nos sources, notamment un rapport collectif et
reconnu, réalisé par la Coordination nationale des jeunes exilés en danger.
• Une attribution erronée des positions institutionnelles, le conseil départemental étant
interrogé sur des questions relevant en réalité de l’autorité judiciaire.
Par ailleurs, nous nous interrogeons sur le respect de l’anonymat d’une personne citée.
Cette mise au point vise à rétablir les faits et à offrir une vision plus fidèle de la réalité, dans
l’intérêt des jeunes concernés et de l’information du public. Nous vous invitons à relayer ces
précisions auprès de vos lecteurs.
L’association Hébergeurs Solidaires 53 (avec le soutien des associations suivantes : AIDES,
ENOSIA, Ligue des Droits de l’Homme, Les 3 Mondes, la Maison solidaire du Bourgneuf,
Citoyens du Monde, Emmaüs Mayenne, association citoyenne du Pays de Craon, Secours
Catholique de la Mayenne, Lycéens réfugiés 53, Welcome, La Porte Ouverte, Diaconie
diocèse de Laval) souhaite apporter des précisions, plusieurs éléments publiés étant inexacts,
confus ou susceptibles d’induire vos lecteurs en erreur.
En outre, nous nous étonnons du procédé utilisé par le journaliste concernant le respect de
l’anonymat. Une des personnes interrogées avait demandé à ne pas faire apparaître son nom
de famille en raison de son implication dans des procédures judiciaires en cours concernant
des jeunes afin de ne pas compromettre leur situation.
La formulation « ne veut pas donner son nom » placée entre parenthèses inverse totalement le
sens de sa démarche et attire inutilement l’attention, avec le risque de la mettre en difficulté.
1. Sur les chiffres publiés concernant les mineurs
Votre article affirme que « 153 jeunes sont pris en charge par l’ASE et 24 sont reconnus
mineurs ». Présentée ainsi, cette phrase ne veut rien dire et crée la confusion.
Les 153 jeunes pris en charge par l’ASE sont, par définition, considérés mineurs, l’ASE ne
pouvant accueillir que des mineurs, à l’exception de quelques jeunes majeurs en Contrat
Jeune Majeur (CJM).
En opposant ce chiffre à celui de « 24 reconnus mineurs », l’article laisse penser que 129
jeunes seraient en CJM, ce qui est matériellement impossible.
Cette présentation mélange mise à l’abri, évaluation administrative et reconnaissance judiciaire, et désinforme les lecteurs.
2. Sur le rapport que nous citons : Le rapport sur lequel nous nous appuyons a été réalisé par la Coordination nationale des jeunes exilés en danger, pilotée par l’association Utopia 56.
Notre association a participé au recensement, comme toutes les associations œuvrant dans ce domaine sur le territoire, souvent affiliées à des réseaux nationaux. Ce n’est donc pas un document isolé ou le point de vue d’une association quelconque, mais un travail collectif, rigoureux et reconnu, servant notamment de référence pour des travaux à l’Assemblée nationale.
3. Sur la position attribuée au conseil départemental
Votre article indique que « le conseil départemental assure le contraire ». Or, ce dernier ne répond absolument pas à la problématique que nous soulevons. Nous dénonçons les délais de justice et rappelons que les jeunes doivent être mis à l’abri entre l'évaluation du conseil départemental et la décision du juge des enfants. Cette décision n'est pas de la compétence du conseil départemental mais du législateur.
Les données évoquées par le conseil départemental concernent l’évaluation administrative, ce qui est un sujet totalement différent. Le conseil départemental ne peut donc pas “dire le contraire”, puisqu’il ne répond pas à la même question. Lui attribuer ce rôle produit une contradiction artificielle. La question centrale est le nombre de jeunes ayant exercé un recours devant le juge des enfants en 2024 et le nombre de décisions judiciaires les déclarant majeurs ou mineurs.
Ces données relèvent exclusivement de l’autorité judiciaire.
Votre journaliste aurait dû s’adresser directement au tribunal, seule institution compétente.
En interrogeant le conseil départemental sur un sujet qui relève de la justice, on ne peut qu’obtenir des informations inexactes et trompeuses pour le lecteur.
En Conclusion
Au vu de l’ensemble de ces imprécisions substantielles sur les chiffres, sur la portée de nos propos, sur l’origine du rapport et sur le rôle des institutions, votre article offre une image déformée de la réalité de la situation et désinforme vos lecteurs.
Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir apporter ces précisions à la connaissance de vos lecteurs.
Hébergeurs solidaires 53